Arrêtons l’expulsion de Djaber Kalibi !

Entrevue avec Hadi de Solidarité Sans Frontières

S’engager dans la lutte contre un régime dictatorial ne mérite pas l’expulsion !

C’est officiellement à cause de son opposition active au régime des Ayatollah que Djaber Kalibi est aujourd’hui menacé d’interdiction de territoire et d’une expulsion vers la France après huit ans de vie à Montréal.

Djaber est un militant d’origine iranienne maintenant âgé de 77 ans, reconnu mondialement pour son dévouement sans relâche dans la lutte contre les régimes dictatoriaux successifs en Iran. Il faut savoir que l’instauration de la république islamique en 1979, à la suite d’épisodes contre-révolutionnaires, entraînera une répression inouïe envers de nombreux iraniens et iraniennes. La Chambre des communes du Canada a d’ailleurs récemment condamné le massacre de plusieurs milliers de prisonniers politiques iraniens en 1988 en le qualifiant de crime contre l’humanité; soit l’une des inculpations parmi les plus graves dans le domaine du droit international.

En 1983, Djaber est contraint de se réfugier en France et continue à y mener des activités politiques contre le nouveau régime islamique en place en Iran. En 1986, il est arrêté par la police politique française sous prétexte d’avoir voulu organiser le renversement du gouvernement islamique par la force. Il est alors condamné à purger 4 ans de prison. À sa sortie, il est menacé d’expulsion par un arrêté du ministre de l’intérieur français de l’époque, arrêté qui est déclaré anticonstitutionnel par la Cour de Cassation, arguant que la présence de Djaber en territoire français ne représente aucun danger pour la sécurité nationale. Quelques années plus tard, après des campagnes politiques pour que cesse l’acharnement du ministère de l’immigration, l’État français est contraint de reconnaître que Djaber n’a jamais constitué une menace à l’égard des intérêts de la France. Il finira d’ailleurs par obtenir la citoyenneté et un passeport français.

En 2005, Djaber et sa famille choisissent de s’établir à Montréal. Les membres de la famille s’intègrent particulièrement bien au pays, y travaillent, tandis que leurs enfants poursuivent des études.

Malheureusement, après sept ans de procédures afin d’obtenir la résidence permanente, Djaber finit par recevoir un avis d’interdiction du territoire il y a un mois environ. On l’accuse, sous prétexte de son arrestation en 1986, d’être l’instigateur ou l’auteur d’actes visant au renversement d’un gouvernement par la force et de se livrer au terrorisme. La charge retenue est absurde. Est-il seulement possible de renverser un régime autoritaire comme celui des Ayatollahs autrement que par la force? La mauvaise foi du gouvernement canadien, lorsqu’il qualifie du même souffle, le régime iranien et ceux qui s’y opposent de terroristes, est alarmante.

Si la France a accordé à Djaber la citoyenneté, reconnaissant par là qu’il ne constituait d’aucune façon une menace pour le pays, quel prétexte peut bien invoquer le Canada pour arriver à une conclusion différente?

En fait, en affirmant que la présence de Djaber au Canada est préjudiciable à l’intérêt national, le gouvernement canadien est en train de carrément remettre en cause le droit de tout peuple de se révolter contre un gouvernement barbare tel que le régime islamique iranien. Quand on sait que le ministre des affaires étrangères du Canada a récemment félicité l’élection du nouveau président iranien, M. Rohani, il est à se demander si la présente expulsion visant Djaber n’est pas partie prenante d’une stratégie globale de rapprochement avec le gouvernement islamique. Ce qui ne fait aucun doute est que les intérêts du Canada et de l’Iran, qui paraissent a priori si éloignés, semblent parfaitement converger lorsqu’il est question d’un militant notoire.

Le véritable crime de Djaber aura été de s’opposer avec conviction à la fois contre la dictature du Shah et des islamistes, et d’avoir continué à faire de la politique malgré son statut d’immigrant. Maintenant, on veut le punir en l’expulsant vers la France à l’âge de 77 ans. On veut également punir sa conjointe, qui devra se séparer de ses enfants pour soutenir son mari âgé, et devra peiner à se retrouver un emploi, dans la cinquantaine, dans une France plongée en pleine crise économique.

Afin de défendre le droit de s’opposer politiquement, en tant que migrant, au sort réservé à son pays d’origine, nous devons tout faire pour que le ministère de l’immigration revienne sur sa décision et consente à accueillir Djaber Kalibi et sa famille ici à titre de résidents permanents.

Nous réclamons que justice soit faite pour Djaber Kalibi, au nom du droit des peuples à s’autodéterminer dans leur résistance contre toute dictature !

– Comité de soutien de Djaber Kalibi
solidaritedjaber@gmail.com

Comment aider

1) ÉCRIRE à Chris Alexander (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) et à Steven Blaney (Ministre de la Sécurité Publique, Responsable de l’Agence des services frontaliers du Canada) pour l’arrêt de la procédure d’expulsion visant Djaber Kalibi et la régularisation de son statut et de celui de sa famille à titre de résidents permanents. Merci d’ajouter l’adresse du Comité de Soutien de Djaber Kalibi en copie conforme (cc) à votre courriel.

– Chris Alexander: minister@cic.gc.ca
– Steven Blaney: steven.blaney@parl.gc.ca
– Comité de Soutien de Djaber Kalibi : solidaritedjaber@gmail.com

2) TÉLÉPHONER au Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Chris Alexander, à Ottawa au (613) 954-1064 ainsi qu’au Ministre de la Sécurité Publique, Steven Blaney, à Ottawa au (613) 992-7434

Modèle de lettre :

L’Honorable Chris Alexander (minister@cic.gc.ca)
Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6L’Honorable Steven Blaney (steven.blaney@parl.gc.ca)

Ministre de la Sécurité Publique, responsable de l’Agence des services frontaliers du Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6Montréal, le …….. 2013,

Objet : Avis d’expulsion et d’interdiction de territoire concernant M. Djaber Kalibi

Messieurs les ministres,
Je m’appelle …….. et je suis ……. Nous nous opposons à l’avis d’expulsion et d’interdiction de territoire visant M. Djaber Kalibi et demandons l’abandon d’une telle procédure.C’est donc en appui à ce dernier et à sa famille, qui vivent à Montréal depuis plus de huit ans maintenant, que nous écrivons. Nous considérons comme injustes les raisons invoquées pour justifier l’expulsion de M. Kalibi. Celui-ci a été à une époque victime d’acharnement judiciaire de la part de l’État français. Les poursuites engagées contre lui furent d’ailleurs définitivement levées en 1991 suite à un jugement de la Cour de Cassation.Aujourd’hui âgé de 77 ans, celui-ci ne souhaite qu’une chose : vivre de manière durable au Canada, avec sa famille. Lui-même et sa famille sont complètement intégrés à la vie au Québec.Pour ces raisons, nous ne pouvons imaginer que la présence de M. Djaber Kalibi au Canada puisse représenter un quelconque risque pour l’ordre public. Nous demandons donc avec insistance aux autorités canadiennes de révoquer l’ordre d’expulsion contre ce dernier et réclamons que soit accordé à lui et à sa famille le statut légal de séjour à titre de résidents permanents.Bien à vous,

Comité de soutien de Djaber Kalibi
courriel: solidaritedjaber@gmail.com

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Rassemblement, panel et forum contre le Plan Nord

Entrevue avec Blandine qui nous parle du Plan Nord:
http://www.radio4all.net/files/enprofondeur@ckut.ca/3719-1-Forum-anti-colonial.mp3

Rassemblement, Panel et Forum contre le Plan Nord

Organisé par: Missing Justice (Justice pour les femmes autochtones disparues et assassinées), Regroupement de solidarité avec les Autochtones, PASC et Collectif de solidarité anti-coloniale

RASSEMBLEMENT — DÉFENDONS NOTRE TERRE : CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE PLAN NORD ET LA RÉSISTANCE DES FEMMES AUTOCHTONES —

Quand : le 28 septembre, rassemblement à 11h, conférence de presse à 11h30

Où : devant l’hôtel Hyatt, 1255 Rue Jeanne-Mance

Le Collectif de solidarité anticoloniale et Missing Justice vous invitent à venir manifester votre support aux femmes autochtones en résistance au Plan Nord en grand nombre à la Conférence de presse donnée par Élyse Vollant et Denise Jourdain. Rassemblement devant le Hyatt à 11h. Elles se prononceront sur l’événement d’affaire qui se déroulera entre riches emmurés à l’intérieur: Positionnez-vous sur l’Échiquier du Plan Nord. Entre les représentant.e.s de l’industrie minière, les politicien.ne.s et des municipalités concernées, seront présents des chefs autochtones importants sans qui les projets de développement seraient impossibles. Venez en grands nombres supporter les voix des autochtones en résistance!

Élyse Vollant est membre des Innushkueuat de la communauté de Uashat mak Mani-utenam. Elle est mère de famille de huit enfants et grand-maman de deux petits enfants. Elle est une des marcheuses qui a marché de Uashat mak Mani-utenam à Montréal à l’occasion de la Journée de la Terre, pour dénoncer le Plan Nord. Élyse est aussi une des douze femmes emprisonnées lors du blocus de la route 138 en mars 2012.

Denise Jourdain est une Ishkueu de la communauté de Uashat mak Mani-utenam . Elle est présentement enseignante en innu-aimun (langue innue) à l’école primaire de Johnny Pilot. Elle est une descendante directe de la famille Vachon et de la famille Jourdain qui ont milité pour le maintien de leurs droits territoriaux dans les années 50, qui ont défié les autorités municipales, gouvernementales et ecclésiastiques. Elle a aussi été emprisonnée pour avoir défendue ses droits territoriaux en mars 2012 lors du blocus de la 138.

PANEL DÉFENDRE LA TERRE: la résistance des femmes autochtones au Plan Nord
avec les marcheuses innues Denise Jourdain et Élyse Vollant, et Ellen Gabriel, militante mohawk

Quand : Vendredi 28 septembre 18h30
Où: Université Concordia, SGW, 1455 de Maisonneuve West, H-110

Langue: français et anglais avec traduction simultanée

FORUM ANTICOLONIALE CONTRE LE PLAN NORD

Quand : SAMEDI LE 29 SEPTEMBRE, 10h-17h
Où : le 7ème du Hall, à l’Université Concordia, 1455 boulevard de Maisonneuve Ouest.

L’événement se déroulera en deux étapes : un panel, le vendredi soir, avec des femmes autochtones engagées dans la résistance au colonialisme, suivi d’un forum ouvert pour partager nos stratégies le samedi, avec ateliers et espaces d’échanges. Si vous désiriez donner un atelier samedi, il vous sera possible de le proposer dans le forum ouvert. Le forum servira à verbaliser nos pistes de partage et d’échanges, sur des bases anticapitalistes et anticoloniales.

Depuis le début de l’année 2012, un nouveau plan de colonisation du territoire Nord-Américain se met en place: le Plan Nord. La classe politique et capitaliste vend un discours fantasque, décrivant des territoires vierges encore à développer, de nouvelles frontières à repousser, un espace quasi-mystérieux et modelable selon nos désirs. C’est le prélude de la destruction environnementale et culturelle des habitant.e.s du Nord.

Tout au long de cette même année, les résistances autochtones au Plan Nord et à ses projets spécifiques, miniers comme forestiers ou hydro-électriques, furent nombreuses : des voix s’élèvent au sein des peuples Innus, Algonquins, Crees ou encore Atikamekw. De même, plusieurs événements prenant place dans les villes du Sud, comme lors du Salon du Plan Nord à Montréal, ont étés des moments forts de la contestation.

Le colonialisme actuel a comme principe de déposséder les communautés des ressources du territoire pour investir dans le privé ou l’État, outils de la dépossession. En ce sens, la jonction des résistances qui s’effectue avec le mouvement étudiant était souhaitable. Pour résister à un projet de libéralisation de l’économie, il faut parler du rapport au territoire et de solidarité. Nous vous invitons pour partager nos savoirs et nos expériences, pour tisser des liens qui permettent de mieux reconnaître nos forces et nos faiblesses; nous vous invitons à partager nos résistances.

Comment le Canada est devenu la plaque tournante de l’industrie minière mondiale

Entrevue avec Alain Deneault à propos de son dernier livre Paradis sous terre.

Pour écouter l’entrevue: http://www.radio4all.net/index.php/program/63058

Le Canada est le refuge idéal de sociétés minières qui spéculent en Bourse et mènent à travers le monde des opérations controversées, voire criminelles. Elles y trouvent un système boursier-casino favorable à la spéculation, des exonérations dignes d’un paradis fiscal, des mesures législatives canalisant vers elles l’épargne des citoyens, une diplomatie de complaisance soutenant ses pires desseins, ainsi qu’un droit taillé sur mesure pour la couvrir à l’étranger, comme sur le front de la critique intérieure.

Pour plus d’informations: http://www.ecosociete.org/t159.php

En Profondeur, c’est quoi ?

L’émission est diffusée les lundis soir à 17h, à la Radio CKUT 90.3 FM.

En profondeur est la version française de Off the Hour, Émission d’actualité à CKUT 90.3 FM.

L’équipe est composée de 4 animatrices et de plusieurs collaborateurs et collaboratrices.

Vous pouvez visitez les sections suivantes;

Émissions
Les sujets dont nous parlerons à l’émission et pour avoir accès aux entrevues audio.

Calendrier militant
L’agenda de la semaine!

Chronique
Les différentes chroniques en audio, les livres, romans et les pièces de théâtre à saveur militante.

Musique
Nos sélections de la semaine.

Pour plus d’informations sur la Radio CKUT, 90.3 FM
http://www.ckut.ca